Publié par : kantreadenn | 8 décembre 2009

Ma BU à l’heure du numérique…


L’université regroupe cette année 11 000 étudiants dont une moitié environ sur le site où je travaille. La BU a une fréquentation moyenne de 1 200 passages jours, avec une plus grosse affluence les 3 premiers jours de la semaine. Nous prêtons 5 000 documents par mois et en communiquons 200 sur place. La BU est ouverte du lundi au jeudi de 8 h à 19 h (banque de prêt ouverte de 8 h 15 à 18 h 45) et le vendredi de 8 h à 18 h (banque de prêt ouverte de 10 h 30 à 17 h 45).
Nous sommes une équipe de 9 magasiniers (7 titulaires et deux contractuelles) qui assure les permanences de banque de prêt, 5 BAS qui assurent les permanences accueil et renseignements bibliographiques.
Nous sommes donc une structure de taille relativement réduite, loin des fréquentations des grandes bibliothèques. Nous sommes confrontés depuis quelques années à une nouvelle génération d’étudiants, née avec internet et les nouvelles technologies de communication. Cette génération tchatte, utilise Facebook, la messagerie électronique, Google et/ou Yahoo, et Messenger.
Comme vous? Comme moi? Comme la BU? Ah non, pas comme la BU…
Nous sommes bientôt en 2010, dans un 3ème millénaire « qui ne peut être que numérique », et la BU offre (!!) à ce millier de personnes qui passe tous les jours -dont un certain nombre, heureusement, possède un ordinateur portable- 12 ordinateurs publics dont 8 permettent l’accès libre à internet, et 4 un accès restreint à la documentation numérique de la BU. Ils ont également à leur disposition 9 postes dédiés à la consultation du catalogue informatisé -qui permettent plus ou moins un accès internet mais tellement bien caché…Pour des raisons de sécurité (?) aucun de ces postes ne permet l’accès au « poste de travail », ce qui interdit bien sûr l’utilisation de clé USB, et aucun n’est doté des outils bureautiques les plus classiques (Open Office, par exemple) ce qui leur interdit l’affichage de documents à des fins d’impression.
Nous pourrions bien sûr nous mettre à l’heure et passer à une communication numérique avec nos étudiants. La question a déjà été posée ailleurs -voir un certain nombre de biblioblogs- avec beaucoup plus de pertinence: la BU doit-elle se doter d’une page Facebook? La BU doit-elle ouvrir un compte Twitter? Etc…etc..En fait toutes ces questions peuvent se résumer en une seule: peut-on continuer en BU -avec un public ultra majoritairement jeune- de considérer les nouvelles technologies de communication comme une option et non comme un moyen nécessaire?
A quoi (à qui?) doit-on attribuer cette inertie qui fait que nous trainons inexorablement une image de bibliothèque retardataire? Le personnel, toutes catégories confondues, utilise -avec plus ou moins de facilité- ces nouvelles technologies. Toutes les BAS, tous les magasiniers – pour ne parler que des personnes habituellement au contact du public- maîtrisent internet, les outils bureautiques, se faufilent avec plus ou moins de bonheur dans la documentation numérique. Un certain nombre d’entre nous utilise Facebook, twitte,utilise des agrégateurs tels que Netvibes ou Igoogle, utilise les flux RSS. Il existe même au sein du SCD des formations à l’intention du personnel pour tous ces outils. Et nous ne les utilisons pas pour communiquer avec notre lectorat!!! Le site web de la BU ne présente pas de réel outil de communication avec ses visiteurs, la dernière « communication » date de la mi novembre!!! C’est soit un manque avéré de communication, soit un manque de vie!!! Voire les deux…
Depuis quelques années, la fréquentation de la BU est en baisse constante -baisse due en partie à la baisse du nombre d’étudiants, il faut le reconnaitre. Nous avons offert -parce que tout n’est pas noir!- une connexion à une partie de notre documentation numérique à distance, cela génère un manque de fréquentation également. Mais peut-être pourrait-on (re)créer chez les étudiants une envie de venir à la BU parce qu’ils y trouveraient les outils nécessaires et indispensables à leurs études et aussi et à leurs besoins personnels. A moins de penser que la BU ne peut et ne doit être qu’un lieu d’études, telle qu’on la concevait quand je la fréquentais -i.e. il y a près de 40 ans- ce que de toutes les façons, elle n’est plus – et ne sera sans doute plus jamais. Qu’on le veuille ou non, qu’on s’en plaigne ou non, la BU est un lieu de rencontres, de repos, de découvertes. En ce moment -temps de partiel- un certain nombre d’étudiants fréquentent la BU pour se détendre entre deux examens, parler de leur réussite ou de leur échec, consulter leur mail et discuter à distance avec leurs « amis » sur Facebook. Pourquoi la BU ne leur offrirait-elle pas un lieu réellement convivial? Il faut rappeler qu’ils ne disposent d’aucun lieu sur le campus où ils pourraient trouver un tel endroit et que la BU reste un refuge pour la plupart d’entre eux.
Former le personnel aux nouvelles technologies, offrir au personnel la possibilité de se tenir au courant des nouveautés relatives à ces nouvelles technologies, c’est bien également. Mais ne serait-ce pas encore mieux d’offrir à ce personnel les moyens de mettre en œuvre ces connaissances au service de nos lecteurs?
Nous ne pouvons pas espérer attirer les étudiants à la BU uniquement en leur proposant de la documentation écrite, et un accès plus ou moins aléatoire à la documentation numérique -j’entends par là celle que nous leur proposons et celle que leur propose internet. Si nous proposons des outils, il nous faut nous doter des moyens de les mettre réellement en œuvre. Une vitrine n’a d’intérêt que si elle propose ce qu’il y a en stock. Et le stock doit être suffisamment important pour contenter le maximum de personnes. Certaines BU proposent des e-books, d’autres prêtent des ordinateurs portables, je pourrais multiplier les exemples, et nous n’offrons que 8 accès à internet. En retard? Non, nous avons en partie raté le départ!!!
Changer notre vision de la bibliothèque? Oui, bien sûr! Changer la vision que les étudiants ont de nous? Oui, en priorité.

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Responses

  1. Passe dans mon bureau stp, j’ai deux-trois trucs à te dire… ;-P

  2. « aucun de ces postes ne permet l’accès au “poste de travail”, ce qui interdit bien sûr l’utilisation de clé USB, et aucun n’est doté des outils bureautiques les plus classiques (Open Office, par exemple) » j’envoie une demande au Père Noël….


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