Publié par : kantreadenn | 10 décembre 2009

Changer notre image….


Une conservateure a, ce matin, écrit un commentaire suite à l’article « Magasinier de bibliothèque (2ème partie) ». Je lui adressé un petit commentaire en réponse mais je voudrais aller un peu plus loin.

La réflexion qui consiste à dire qu’il faut « faire évoluer l’image qu’ils ont des services que nous leur rendons », je la partage bien entendu. Mais cette assertion n’a pas la même force suivant qu’elle est émise par un magasinier -qui n’a -chez nous en tout cas- aucun moyen de décision, ne pouvant être dans le meilleur des cas qu’un vecteur de propositions- ou par un(e) conservateur(e) qui lui (elle) a le pouvoir de décision dans sa BU ou dans sa section.

Ce qui est essentiel à mes yeux, c’est l’image du fonctionnement de la bibliothèque que nous renvoyons au lecteur. Mais cette image ne dépend pas uniquement de l’attitude du magasinier qui fait face aux étudiants. Quelle image un lecteur peut avoir du magasinier qui, à sa demande, va chercher son responsable pour régler un litige, et qui se voit contredit sans justification particulière! On l’a vu à plusieurs reprises vis à vis d’étudiants et d’enseignants, à qui d’ailleurs les magasiniers ne font plus de « misères » -consistant à leur appliquer le règlement en cas de retards, par exemple- puisqu’il leur suffit souvent d’en référer à la hiérarchie pour se voir absous.

Et croyez vous réellement que les étudiants -ou les enseignants- aient la même vision -je ne dis pas attitude- d’un conservateur venu faire une permanence de banque de prêt et des magasiniers qui font ces permanences régulièrement?

Nous sommes « connus » des étudiants. Pas les conservateurs. Ce sont les magasiniers qui sont en première ligne -en permanence- pour faire face aux récriminations, aux protestations, aux « engueulades », suite à des désaccords sur leur suspension, leur frais, etc…Quand un magasinier effectue au cours de la même journée sa 3ème permanence de banque de prêts, on peut aisément imaginer quelle tension il subit si il se trouve confronté à sa 2ème ou 3ème « altercation » avec un étudiant ou un enseignant. Pas quand un A ou un B fait de manière ponctuelle une permanence. N’allez pas croire que je me mets en doute votre capacité et vos difficultés éventuelles à faire ce travail, mais à le faire toute l’année -depuis de nombreuses années- je sais ce qu’il représente de difficultés, de sang-froid parfois, et en tout cas de patience.

Pour faire évoluer l’image, non seulement de nos tâches, mais de manière plus générale de nos bibliothèques, il faut que les responsables agissent. Mais en amont, ils doivent établir une réflexion avec les personnes concernées. Au risque -s’ils ne le font pas- soit de garder un statu quo non satisfaisant, soit de prendre des décisions qui ne satisferont personne.

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Responses

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Silvae, Adil Salhi. Adil Salhi said: RT: @Silvae: Changer notre image…. https://magbu.wordpress.com/2009/12/10/changer-notre-image/ […]

  2. Vous avez tout à fait raison.
    Tout cela a un effet dose dépendant et autonomie des uns et des autres.

    Votre observation sur le jeu du « gentil » et du « méchant », du pouvoir de dire oui que le conservateur s’octroît facilement alors qu’il ne laisse comme marge de manoeuvre au reste de l’équipe que de dire non, sont de vrais problèmes un peu partout.

    Tout commence dans le paramétrage des profils informatiques, la confiance dans le bon sens des gens qui se coltinent les difficultés toute la journée. Vaincre le syndrome du « sauveteur », et du « facilitateur » venu d’en haut (et qui serait le seul à « avoir les droits » d’outrepasser), en faisant, que sans laxisme, tout le monde soit matériellement doté de la confiance de l’institution dans sa faculté de juger.

    Autre point que vous soulignez fort bien, le manque d’incarnation de la BU par ses cadres :
    turn over des cadres en BU -notamment en région parisienne, conservateurs interchangeables, mal identifiés. Bien souvent, les magasiniers incarnent infiniment mieux que les responsables l’établissement puisqu’ils sont là dans la durée. ça se voit au nombre de gens qui peuvent saluer certain collègues plus que d’autres au moment des traversées de campus…

    Améliorer cet aspect des choses passerait sans doute par le fait que les A se remettent au contact du public, en vrai acteurs (animations, formations, transactions), et pas seulement en potiches épisodiques au noble bureau de renseignement, sachent se positionner dans la bibliothèque, être identifié sur le campus, dans la ville, incarner eux aussi un peu aussi la bibliothèque… Quand en arrivant à la faculté d’A. je suis passée spontanément me présenter dans tous les bureaux (scolarité, enseignants), certaines personnes m’ont dit ne même pas savoir qui je remplaçais. Combien d’autres endroit où c’est sans doute le cas !

  3. « Pas quand un A ou un B fait de manière ponctuelle une permanence.  »

    Cela dépend Alain :

    dans notre bu en gros chaque semaine :
    un a fait environ 6h de renseignement/ retour de doc
    un b entre 9h à 12h
    un c entre 9h à 13h…

    si si !!!

    Chouba…

  4. @ Chouba, merci de votre réponse.
    dans notre Bu:
    A et B: pas de prêts-retours (sauf cas exceptionnel et dans ce cas c’est plutôt B)
    C: pas de renseignements.
    si, si…!!
    Alain

  5. Bonjour,

    Merci pour vos réflexions.
    Dans ma BU de l’Ouest-Atlantique, je suis parfois témoin de ce dont vous parlez.
    J’ai fait mettre en place une liste de diffusion commune aux cadres et aux mags et spécialisée sur les questions de prêt où se portent l’essentiel des litiges avec les lecteurs, mais sans effet notable.
    Le bureau de renseignement qui regroupe A et B sert un peu trop parfois de bureau des indulgences quand un magasinier résiste à un lecteur. Mais tant chez les magasiniers que chez mes collègues du bureau de renseignement, c’est surtout l’hétérogénéité des conduites qui l’emporte. Il n’y a pas vraiment d’équipe, mais chaque groupe comporte ses « sévères » et ses « laxistes » ; un « sévère » a tendance à devenir « laxiste » en fin de journée, la fatigue aidant. Si ces groupes étaient structurés en équipes par des cadres et/ou des mags chef avec des séances d’autoformation, je pense que les habitudes gagneraient en homogénéité.

    Damien Belvèze,
    Conservateur (9h30 de service public par semaine dont 4h30 de prêt/retour en Bibliothèque de section)


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