Publié par : kantreadenn | 11 décembre 2009

Nous sommes tous des bibliothécaires, mais….


Dans le cadre d’une intervention sur le recyclage des déchets en BU, l’intervenant -qui est totalement extérieur au monde des bibliothèques- s’est présenté et s’est adressé à nous tous en tant que « bibliothécaires ».

Pourquoi a-t-il fallu que l’un d’entre nous aille lui spécifier que, je cite:
-« oui, tous bibliothécaires, mais avec des catégories différentes, magasiniers, BAS, bibliothécaires et conservateurs. »

Je trouve cette précision particulièrement choquante. En dehors du fait qu’elle n’apporte rien au débat, et ne fait œuvre de clarification pour l’intervenant, cela me laisse à penser qu’il est important pour cette personne que la différenciation soit faite, de manière à ne pas mélanger les « serviettes » et les « torchons ». C’est assez révélateur d’un état d’esprit qui veut mettre des barrières entre les gens, en ne tenant compte que des statuts, et non des compétences. Dans un débat comme celui auquel nous étions invités ce matin -dans lequel chacun, quelque puisse être son statut, peut avoir des idées et des compétences- la catégorisation du personnel ne pouvait être motivée que par une seule raison:
(re) mettre chacun à sa place.

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Responses

  1. A mon sens, une discrimination basée sur les « compétences » serait tout aussi choquante qu’une discrimination basée sur le statut.

    Car au fond, il s’agirait toujours de trier entre ceux qui « sauraient » ou qui « seraient capables de comprendre » et les autres.

    Merci pour ce blog très intéressant qui apporte du neuf dans le paysage. Ca fait du bien.

  2. Bonjour
    tout à fait d’accord avec vous, mais en l’occurrence il ne s’agit pas de discriminer, mais de reconnaitre -en même temps qu’on admet, et pourquoi pas?, les statuts- les compétences de chacun et que certains cessent de voir les personnes uniquement par rapport aux cases dans lesquelles ils les mettent.
    merci de votre appréciation
    Alain

  3. La reconnaissance des compétences de chacun est effectivement essentielle, dans tout milieu de travail, ne serait-ce que pour encourager un climat de travail sain et agréable pour tous.

    Pour ce qui est de distinguer les type d’employés dans une bibliothèque, j’ai toujours pensé que deux seuls critères devraient être tenus en compte: les tâches et services offerts par chacun (pour aider les clients à s’y retrouver) et les responsabilités dévolues à chacun (parce que c’est là la réelle base des distinctions entre les types de postes).

    Nous travaillons en équipe. Nous avons tous besoin les uns des autres pour que la machine fonctionne. Plus l’institution est grande, plus les tâches sont spécialisées, mais il suffit de travailler dans une petite bibliothèque, voire en solo, pour prendre conscience de l’importance de chaque tâche. Et donc, de chaque personne dédiée à cette tâche. 🙂

  4. Oui mais comment « reconnaître » (càd à la fois identifier objectivement et récompenser) les compétences.

    Quant à cesser de considérer les collègues en fonction des cases dans lesquelles on les a placé, c’est un combat de tous les jours, pour tou-te-s.

  5. en ce qui concerne notre BU, i l s’agirait surtout de les accepter et les utiliser. Quant à les identifier, il serait peut être intéressant d’utiliser les « entretiens annuels » à cet effet. Au moins, ils serviraient à quelque chose
    cordialement

  6. Dans l’industrie automobile, tout nouvel employé, fût-il informaticien ou chargé de com’, commence par travailler trois semaines à la chaîne en usine, pour bien comprendre le travail de base sur lequel est fondée la réussite de l’entreprise. Il est regrettable que conservateurs et bibliothécaires n’en fassent pas autant dans leur institution. J’ai eu la chance de le faire par hasard avant de devenir conservateur, et j’ai la faiblesse de penser que cela m’a donné un respect et une compréhension du métier de magasinier qui font malheureusement défaut à nombre de mes confrères.
    Quant à l’appellation de « bibliothécaire », le fait qu’elle recouvre à la fois un grade de la FP et, dans l’acception populaire, l’ensemble des métiers relatifs aux bibliothèques génère ce genre de confusion et de commentaires douloureux. Il manque à mon avis un terme plus précis ou en tout cas différent pour caractériser le grade ; par ex, en archives nous sommes tous archivistes, avec regroupés là-dedans conservateurs, assistants qualifiés, magasiniers, attachés de conservation (= bibliothécaires). C’est plus pratique.

  7. Ah ah ah ah, et me voilà partie dans un grand éclat de rire.
    Une petite perle, merci!
    Je les collectionne pour me faire un collier. Malheureusement, je collectionne aussi les perles carrées (mon collier sera plus joli). Entendre, les réflexions malheureuses de mes collègues mag. « Non, on n’est pas bibliothécaire, on est ma-ga-si-nier des bibliothèques. Tous ceux [mag.] qui mettent dans leur profil facebook/copain d’avant… qu’ils sont bibliothécaires sont des menteurs, aigris, qui veulent dorer un peu leur blason et n’assument pas leur statut ».
    Je m’interroge : qui vis le plus mal la situation? Celui qui renseigne « bibliothécaire » au sens général sur ses profils ou celui/ceux qui le critique(nt)…
    Je découvre cette catégorisation à l’extrême dans la FPE depuis septembre et reconnais que dans la FPT, le cadre d’emploi joue beaucoup moins…


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