Publié par : kantreadenn | 14 janvier 2011

L’art est aisé….


mais la critique est difficile…

Demain samedi 15 février 2010 se tient le bibcamp à la BU d’Angers. Un de mes collègues bibliothécaire -catégorie A- s’y rend, et même plus, anime un atelier intitulé:

Atelier 3 : Innover et réussir par l’échec
Animateur : Gaël —-
Pistes : Les raisons de l’échec ? Comment raconter l’échec ? Comment on s’obstine ? Ce qu’on peut en apprendre ? Comment en tirer le meilleur ?

Nous en discutions hier avant son départ, et il évoquait un billet datant de plusieurs années où l’auteur demandait à ses lecteurs -entre autres- de faire paraître des billets sur les échecs qu’ils avaient pu connaître. Cela ne fut apparemment suivi d’aucune réaction -à l’exception peut-être d’un billet de O. Tacheau (sous réserve).
Il semblerait que je lui ai donné quelques pistes de réflexion en lui faisant part de mon opinion sur ce sujet, opinion que je vais développer ci-après. Je ne sais s’il utilisera cette réflexion lors de son atelier, mais si c’est le cas, j’aimerais bien avoir des retours sur les remarques des participants.

Mon opinion concerne les deux premiers points du programme de son atelier:

* Les raisons de l’échec ?

* comment raconter l’échec?

Et de manière plus précise, comment raconter l’échec sur un blog professionnel, quand on est magasinier?

Imaginons la mise en place d’un outil nouveau, ou d’une nouvelle procédure d’accueil, ou de toute autre chose, et que cette innovation mise en place ne fonctionne pas. Il y aura obligatoirement des raisons à cet échec. Ces raisons peuvent être structurelles, humaines, voire les deux à la fois.
On peut dans ce cas passer, soit:
à la 3ème partie de l’intervention:

* comment on s’obstine

soit:
aux 4ème et 5ème items:

* Ce qu’on peut en apprendre ?
* Comment en tirer le meilleur ?

Dans ce dernier cas, on peut imaginer que le responsable de la bibliothèque écrive un article pour expliquer ce qui s’est passé, pourquoi cela s’est passé, et quelles leçons il est possible d’en tirer.
Imaginons maintenant que nous avons constaté l’échec, mais que soit on s’obstine, soit on n’en tire pas les leçons. Que peut dire un magasinier sur son blog professionnel? Peut-il faire ce qu’aurait pu faire un responsable -voir ci-dessus? A mon avis, non. Il me semble que dans la plupart des structures que je connais -et peut-être dans d’autres, à vous de me le dire- il est difficile, voire impossible, à un magasinier d’exprimer une critique, quelque constructive qu’elle soit- sur une réalisation portée par un responsable de la bibliothèque.

Il (me) semble évident que l’écriture dans un blog professionnel voit ses limites différenciées suivant la catégorie professionnelle du blogueur. Quelles sont les éventuelles répercutions que pourraient avoir la critique -par un magasinier- d’une réalisation, de l’analyse de l’échec, de la critique donc d’un ou de plusieurs de ses supérieurs hiérarchiques, et de la critique éventuelle d’une attitude d’obstination? Sans doute une réaction négative, et vraisemblablement des explications qui ne seraient sans doute pas positives pour le magasinier en question.
Un blog professionnel écrit par un magasinier suppose donc, dans sa ligne éditoriale, une censure préalable visant les appréciations que peut, ou que pourrait porter, un magasinier vis à vis du fonctionnement de la bibliothèque dans laquelle il travaille. Censure pré-écriture que doit moins -voire pas du tout- ressentir un directeur ou un responsable de bibliothèque.
Et il est à noter que cette pré censure ne concerne pas seulement ce cas. En effet, il est difficile à un magasinier d’aller critiquer sur son blog l’organisation ou le fonctionnement de la bibliothèque dans laquelle il travaille, et de donner des pistes d’évolution qui lui paraissent utiles ou indispensables. Or, on sait qu’on a, aujourd’hui, une nouvelle génération de magasiniers, génération qui aspire à des postes de responsabilité et dont l’avis, les idées, pourraient -peuvent- présenter un intérêt réelle pour l’évolution des établissements dans lesquels ils travaillent.
L’obligation de réserve et les circonvolutions éditoriales qui l’accompagnent sont un frein à l’expression. Mais ce n’est pas une surprise. Comme disait un responsable de bibliothèque -qui devait faire partie de cette catégorie de bibliothécaires,dont le dico du diable dit:
Bibliothécaire traditionnel : Bibliothécaire capable de sacrifier un lecteur pour conserver un livre-

il ne faut pas confondre le travail intellectuel -il parlait des A et des B- et le travail manuel -je vous laisse deviner de qui il parlait, là.

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Responses

  1. Comment il se touchent les problèmes dans les BU de France et d’Espagne!!!
    La critique doit toujours être là, si c’est dans le même lieu de travail, il faudrait parler d’avance, ne croyez-vous pas? Débattre les sujets…! Donner des avis…! Faire des suggestions…! Mais c’est ça que j’aimerais trouver dans mon boulot, de mes colègues!
    Il ne faut avoir peur, Ni les A, B, C, D…sont parfaits, ni aucun d’eux travaillent seuls, mais en équipe. Dans un équipe, chacun a son rôle: celui qui donne des idées, celui qui fait les critiques, celui qui fait tout ce qu’on lui dit, celui qui travaille les relations publiques, le technologue, etc. (je crois qu’il y a jusqu’à neuf rôles)


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