Publié par : kantreadenn | 16 février 2011

L’habit ne fait pas …


le bibliothécaire…
Ce matin, je suis venu au travail en voiture. Des courses à faire ce soir, j’ai donc abandonné mon vélo. Ma tenue vestimentaire dans ce cas, n’est pas la même que d’habitude. Vous comprendrez bien que, venant en vélo, je ne peux qu’apporter un minimum de vêtements dans mes sacoches et de préférence, qui ne craignent pas trop d’être froissés. Je précise que je me targue d’une certaine “élégance” -elle vaut ce qu’elle vaut à l’aune de mon jugement- mais il est évident que venant en auto, je peux me permettre un peu plus que d’habitude. J’ai donc mis une de mes plus belles chemises,
[en me relisant, je me dis qu’il faut que j’ajoute que j’avais aussi un pantalon, bien sûr. Il y a tant de mauvais esprit…]
une veste assortie, une écharpe pour ajouter « le petit + », et me voilà au travail.
A 8h30, première tâche du matin pour les magasiniers: le rangement des livres qui ont été rendus hier. [il faudra bien qu’un de ces jours, je vous explique comment nous fonctionnons]. Durant cette période de rangement, alors que je suis accroupi avec des livres plein les bras -avez-vous déjà remarqué que quand vous avez les bras plein d’ouvrages, celui que vous allez ranger a sa place sur le dernier rayonnage en bas, toujours?- une étudiante m’aborde et me demande ce que je compte faire pour qu’il y ait moins de bruit dans la BU. Me relevant, je lui explique que nous essayons d’expliquer aux perturbateurs qu’ils sont gênants et qu’ils doivent discuter de manière plus modérée. Elle me répond que visiblement ce n’est pas suffisant et qu’il faudrait peut-être envisager des solutions plus efficaces. Je lui rétorque que je vais transmettre sa remarque à ma hiérarchie et qu’elle peut elle-même, si elle le désire, en faire part directement au responsable de la BU.
Là, elle me regarde avec un air étonné et me dit:

-Mais…vous n’êtes pas le responsable de la BU?

Je lui réponds que non, je suis magasinier, et que du coup, mes moyens d’action sont relativement limités. Son regard est encore plus étonné, je la vois qui détaille ma tenue, me dit “merci” et s’éloigne.
Visiblement, pour elle, la tenue fait le bibliothécaire, voire le responsable. Un magasinier en veste, cela étonne. Devrais-je enfiler une blouse ou un vieux jean et un sweat pour aller ranger les livres, de façon à ne pas créer ambiguïté sur ma position?
L’habit ne fait pas le moine -ou le bibliothécaire- mais il est clair que pour certaines personnes, la tenue que l’on porte est encore assimilée à une fonction.

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Responses

  1. L’anecdote est amusante, version moderne de « l’habit fait-il le moine? »
    On peut imaginer aussi la situation inverse : une rencontre (du 3ème type) dans les rayonnages, entre un étudiant (lambda) mécontent et un A ou B en jean/basket etc .
    Ce sont les pistes secondaires (enfin, pas tant que ça!) ouvertes par billet qui en fait m’intéressent .
    Le rangement, serpent de mer des BU .
    L’organisation (originale, i presume) dont vous promettez le dévoilement… rien déjà que le rangement du matin me surprend (agréablement), j’imagine le reste !
    Le bruit en salle, deuxième serpent de mer.
    « Je suis magasinier, et du coup, mes moyens d’action sont relativement limités.  » Parceque la « hiérarchie » aurait plus de « moyens d’action » que les personnels qui sont sur le terrain ?
    Ou est-ce une façon de dire (pure supposition !) qu’il manque peut-être un minimum de volonté politique (et/ou de soutien concret) de la sus-dite pour que le niveau sonore reste acceptable, quelque part entre silence monacal et brouhaha de foire aux bestiaux ?
    Dans tous les cas, quelque soit les mesures prises/envisagées par la hiérarchie, ce n’est probablement pas sur elle qu’en reposera l’application…

    • Bonjour
      et merci pour votre commentaire
      En ce qui concerne notre organisation du travail, j’y viendrais!!!
      Pour ce qui est du serpent de mer des BU, l’obligation de réserve m’empêche de répondre dans les détails, mais votre supposition me parait intéressante. Bien sûr que l’application reste du domaine effectif des magasiniers, mais en ce qui concerne la relation avec les étudiants et une demande appuyée de faire moins de bruit, on peut relire l’article. Cet état de fait ne plaît pas à tout le monde, mais au moins ici, il est avéré.
      Cordialement
      Alain Carré

      • Ceci dit, je n’ose penser qu’aucun membre de l’encadrement ne fait de permanence au public, au minimum pour du renseignement/aide au lecteur, supposément ++.
        Et la question est dans ce cas : comment, ou à partir de quel moment, réagit-il/elle au bruit, et à tout autre comportement fermement prohibé, avec force affiches à l’appui, par le règlement (canettes, sandwichs etc.) ? A condition toutefois que le poste de renseignement en question ne soit pas une bulle d’épais plexigas, protègeant des agressions sonores tout en filtrant la vue des images désagréables…
        😉

      • Bonjour
        une attitude personnelle de retrait dans le travail à effectuer -« épluchage » de livres hebdo par exemple- peut permettre la création d’une bulle aussi épaisse que du plexiglas. Mais, comme disent les « djeuns »:
        « moi j’dis ça, j’dis rien »

  2. autre serpent de mer : trombinoscope sur le site web et badge pour tout les personnels…
    et vive l’élégance !

    • Bonjour! et merci de ce commentaire.
      mon blog devient un véritable vivarium!!! (serpents, vivarium, oui je sors…)
      plus sérieusement, je n’aurais rien contre un badge, notre identité se trouvant sur le site de l’université et de la BU. Ne manque que notre photo…Et pourquoi pas? Après tout, je connais -ou pour le moins je peux connaitre- l’identité des lecteurs, pourquoi ne connaîtraient-ils pas la mienne? Au moins mon prénom?
      Et d’accord, vive l’élégance!!! En plus d’aimer, c’est -pou moi- un signe de respect envers l’usager. Évidemment ça se discute.
      Cordialement
      Alain

  3. Anonymat or not, vaste débat, et pas seulement pour les BU, mais pour la FP en général.
    Après s’être mis d’accord sur le fait que mettre un prénom sur un badge n’entraîne pas le dévoilement véritable de l’ identité (cf. les cais…, heu, pardon, les « hôtesses de caisse » en supermarché), l’argument de la « symétrie » à rétablir peut paraître discutable.
    Il n’y a pas de symétrie réelle dans le rapport entre l’usager et le personnel. Le premier, suite à un incident et s’il est un tant soit peu vindicatif (si, si,il y en a…), peut par hypothèse chercher à nuire au second, y compris en dehors de son lieu de travail. La réciproque n’est pas possible. Et l’anonymat peut alors apparaître à certains collègues comme une ultime protection contre ce risque : attitude peut-être illusoire, mais compréhensible.
    A vrai dire, le badge a une autre utilité bien plus justifiable que celle de l’identification personnelle : celle de permettre à l’usager de vous repérer d’emblée comme membre du personnel « au travail », et donc en principe : accessible pour lui rendre service, s’il en ressent le besoin.
    Cela peut éviter à l’inverse, quand vous cherchez à aider avant toute demande exprimée (ah , le sympathique « je peux vous aider? » des feuilletons américains) par le lecteur (et surtout la lectrice, si vous êtes un mâle) que vous sentez perplexe au milieu des rayons, ou devant le catalogue, un légitime réflexe de fuite .
    Encore faut-il aussi qu’il y ait sur le badge un logo, ou a minima une image facilement reconnaissable, qui permette d’être bien sûr qu’on a affaire à quelqu’un « de la maison »…

    • Bonjour
      « attitude peut-être illusoire, mais compréhensible. »
      attitude totalement illusoire, on a pu le constater, pas directement à la BU, mais sur le campus.
      Quant à l’identification personnelle dans la BU, point besoin de badge pour cela. L’attitude du bibliothécaire devrait suffire à ne pas provoquer -si tant est qu’elle puisse le provoquer- ce réflexe de fuite. Dans la BU où je travaille, les étudiantes n’ont pas à priori ce réflexe lorsque je les aborde pour leur proposer mon aide -mais peut-être est-ce parce que je suis un vieux mâle…
      Je ne suis pas un fervent partisan du port du badge -je n’appelle jamais les « hôtesses de caisse » par leur prénom!- mais il aurait au moins l’avantage de ne pas permettre de se fondre dans l’anonymat d’une foule d’étudiants.
      Y aurait-il des situations particulièrement conflictuelles à Amiens?
      Cordialement
      Alain

      • Oups, voilà que le mien (d’anonymat) vient d’en prendre un coup…;-) Il va falloir que je change de pseudo. Mais poursuivons tout de même .

        Badge(t) ?
        Le personnel qui est fréquemment au contact du public n’a pas vraiment besoin d’un badge pour être identifié en tant que tel . C’est précisément l’une des objections émise par une partie des collègues à la badgification généralisée, dans le cadre, par exemple, d’une opération de labellisation Marianne. C’est d’autant plus vérifié qu’il est en train d’effectuer une tâche en salle qui ôte toute ambigüité à son statut.
        Il n’en est pas de même pour un intermittent du contact au public, si d’aventure il trottine dans les rayonnages, à la recherche du lecteur égaré, son tonn… je veux dire : son réservoir (de savoirs et de bonne volonté) en bandoulière.
        Vous allez peut-être sourire, mais c’est lui en définitive que cela rassure, d’arborer un badge : le soupçon de harcèlement est éliminé au départ !
        Ceci dit, il y avait un léger … soupçon de second degré dans ma remarque.

        Lecteur/trice : destination danger ?
        Je ne pense pas qu’il y ai plus de conflits avec les usagers ici qu’ailleurs, mais il suffit d’une ou deux expériences désagréables pour marquer une équipe. Même si la menace ne tient pas au fait que l’usager revanchard vous connaît (par votre nom) , mais qu’il vous re-connaît à l’extérieur de votre BU. Et là, sauf à changer de tête en service public, il n’y a en effet pas beaucoup de solutions.

        De la fabrication d’une bulle.
        Lecture de LH, contrôle de listes (bibliographies, résultats d’inventaire, par ex.) sans doute une (efficace ?) façon de s’isoler. Et il faut reconnaître qu’à certaines heures, il est tentant de préférer « faire quelque chose » plutôt que rien du tout;
        mais aussi qu’il y a bien d’autre façons, quand on est à l’accueil ou au renseignement, qu’il soit ou non spécifié « bibliographique », de ne rien voir et entendre, ou de « ne pas avoir l’air d’être vraiment disponible ».
        Toutes catégories de personnel confondues …


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