Publié par : kantreadenn | 19 mai 2011

Des à-cotés des cotes…


Quand je suis arrivé à la BU, il m’a fallu me familiariser avec une organisation que je ne connaissais pas, certains documents dont j’ignorais l’existence, des sujets qui n’étaient pas ma tasse de thé, et une cotation des documents qui n’avait strictement rien à voir avec ce à quoi j’étais habitué en lecture publique.
J’ai découvert la cotation alpha numérique, (re) découvert la Dewey, découvert aussi le classement des périodiques par n° d’inventaire.
J’ai découvert -à mon corps défendant- des documents aussi ésotériques -pour le littéraire que je suis- que l’encyclopédie Dalloz ou la semaine juridique -deux documents à feuillets mobiles et à parution et mise à jour régulières. Je ne connaissais rien au droit, je ne m’y intéressais même pas de loin. Et bien au bout de quelques mois à faire ce travail, j’étais capable de trouver à peu près n’importe quel document, n’importe quelle référence pour un étudiant complètement perdu -et il ne s’agissait pas toujours de licence, mais aussi parfois de master, voir de doctorant. Et puis tout cela a disparu avec l’arrivée de la documentation électronique, et la consultation de ces documents directement sur internet.
Aujourd’hui, les choses n’ont pas tellement changé, de ce point de vue.

En libre accès
nous avons des documents cotés en Dewey. Tout le monde connaît, je passe.

En magasins monographies les documents sont cotés en alphanumérique. C’est le n° d’inventaire qui sert d’identification.

les documents classés en “lettres” (tout ce qui concerne les sciences humaines) ont un numéro d’inventaire, de R à Z, pour les plus anciens, et de 1 à (actuellement) 45000 et quelques, avec les lettres NL devant le nombre. On peut donc nous demander un livre dont le n° d’inventaire peut être:

S 4520
à savoir: toutes les séries commencent à 4000, sauf celles qui commencent à 1/xxx, ce qui peut donner: S 4/100. Un peu d’attention s’il vous plait. Jusqu’ici c’était simple. Dans certaines séries, X et Z, on a rajouté une lettre:
pour différencier en X, les généralités, X, la grammaire, XA, les littératures anglaises, XB, allemandes, XC, et françaises, XE, et comme cela jusqu’à XM. Là on pourra avoir XB 5896
pour différencier en Z, les bios, ZA, l’histoire, ZB, l’histoire de la Savoie, ZS

NL 24856
là c’est simple. Il y a bien quelques n° complémentaires pour les tomaisons, mais rien de méchant. Vous ajoutez un / et un chiffre, et c’est bon. Tout cela dans le même magasin.

les documents classés en “droit” ( tout ce qui concerne le droit et les sciences sociales, auxquelles il faut ajouter le fonds “femmes” (oui, oui, je vais expliquer). Là, on aura des documents dont les n° d’inventaire vont pour le juridique et les sciences sociales de G à N
M 4526
le fonds “femmes” utilisant la lettre I accolé à une autre lettre de A à N. Pourquoi une deuxième lettre? Parce que normalement la lettre i fait partie de l’ensemble “scientifique”, c’était donc pour ne pas mélanger les genres.
IA 4232
[Le fonds “femmes”: un fonds dont a fait don une enseignante de l’université il y a environ 30 ans, fonds qu’elle avait spécialisé donc sur la femme. Tous les documents sont soit des romans ou des essais écrits par des femmes, soit des documents traitant de la luttte des femmes et leur émancipation, etc…Même si ce fonds est très peu utilisé, nous le gardons en raison des conditions du don.]

En magasins périodiques: il n’y a pas si longtemps, c’était relativement simple. Quelque soit la localisation (libre accès ou magasin) la cotation était la même:
une lettre (on reprend les mêmes que pour les monographies) à laquelle on ajoute un “P” (oui, pour périodiques) et des chiffres.
ZP 440 pour la revue Histoire.
Mais…il y a quelques mois, tous les n° des revues en libre accès ont été cotées en Dewey. Mais pas celles du magasins, le reclassement aurait été un travail de titan! Du coup, il arrive -assez souvent- qu’on nous demande un exemplaire magasin d’une revue avec la cote “900 His”. mais en magasin, cette cote n’apparaît pas, et nous ne pouvons pas (!) faire de recherche sur le logiciel de gestion des transactions -Horizon, pour ceux qui ne suivent pas, ou plus!- avec cette cote. Il nous faut donc absolument le n° d’inventaire. Nous renvoyons le lecteur à la revue en libre-accès pour qu’il y trouve le n° d’inventaire.

Il est donc important d’expliquer aux étudiants en début d’année comment lire, comprendre et utiliser une notice d’exemplaire, de manière à savoir où se trouve le document, et donc déterminer comment le chercher ou le demander. Expliquer qu’il ne faut pas confondre cote Dewey et n° d’inventaire, que trouver un ouvrage en libre accès nécessite sa cote, en magasin un n° d’inventaire.
Et puis, parce qu’il faut bien une note d’humour dans un exposé un peu compliqué, expliquer que non, les livres en magasins ne sont pas à vendre!

Il y a encore quelques temps, nous passions une bonne partie de notre permanence de banque de prêt à “courir” de magasin en magasin pour fournir monographies et périodiques. Maintenant, nous allons chercher assez régulièrement des monographies en “lettres”, très peu de périodiques et quasiment plus rien en “droit”. Les attentes des étudiants ne sont plus du tout les mêmes, les futurs juristes trouvent quasiment tout en ligne, c’est donc surtout les “littéraires” -et en particulier les historiens- qui nous font des demandes.

En 2003, de janvier à décembre, nous avions effectué 20 968 communications sur place -i. e. des documents (monographies ou périodiques de magasins), en 2010, de janvier à décembre, nous en avons effectué 1 651. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Même en tenant compte d’une baisse plus que sensible de la fréquentation -pour les mêmes périodes, 2003 représentait 263 000 entrés, 2010 ,170 000 entrées.

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Responses

  1. La Dewey pour classer les revues « disciplinaires », en les sous-classant au titre (i presume), c’est déjà nettement mieux que la cote magasin, qu’on trouve parfois, et qui reflète une conception du service « bibliotécairo-centrée » plutôt que centrée sur l’usager.
    Mais quid de revues généralistes (Esprit, Le Débat, les Temps modernes) ou « d’actualité » qui alimentent ce qu’on pourrait appeler : le « kiosque » ? Il me semble que dans ce cas, le classement purement alphabétique est le plus simple, et compréhensible pour l’usager. Evidemment, à chaque fois qu’on s’abonne à un titre nouveau, il y a un peu de boulot …

    Concernant les magasins, le constat (partagé) interpelle : ils sont effectivement en train de devenir (devenus !) des cimetières. Ce n’est pas nouveau dans le secteur scientifique, surtout pour les revues, mais cela a gagné plus vite qu’on pouvait l’imaginer les autres disciplines. Avec à la clé un dossier délicat : la politique de conservation dans les BU et le niveau auquel il faut la traiter.

    • Bonjour
      je ne sais pas si c’est mieux de les classer en Dewey -avec effectivement un sous classement au titre- mais la manière dont nous avons été contraint de le faire ne nous facilite pas la tâche en ce qui concerne les recherches en magasin.
      Kiosque? Nous en avons un pour les quotidiens, qui ont le même type de cote -donc pas plus de « boulot ».
      (pour info, les revues que vous citez sont traitées comme les autres)
      Quant à la politique documentaire, j’ai bien sûr mes idées, mais comme c’est du ressort de la hiérarchie, je n’en dirai pas un mot.
      Alain

  2. […] Lire la suite : https://magbu.wordpress.com/2011/05/19/des-a-cotes-des-cotes/ […]


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