Publié par : kantreadenn | 14 juin 2011

Blog professionnel et magasiniers….


…union impossible?
Contrairement à mon habitude (!!!), je vais me montrer un tantinet provocateur, ceci dans le but avoué de provoquer des réactions. Y en aura-t-il? A suivre.

Lorsqu’est paru mon premier billet, en décembre 2099, j’étais, semble-t-il, le premier magasinier de BU à avoir un blog professionnel.
[j’entends par blog professionnel un blog où l’auteur ne traite que de sujets ayant rapport à la profession]
Il semblerait qu’un an et demi après, la situation n’ait guère changée. Je rappelle que nous sommes plus de 2 000 à travailler en bibliothèques. Il est tout de même surprenant qu’il n’y en ait qu’un qui ait des choses à dire -écrire. Parce que non seulement il n’y a pas d’autres magasiniers qui écrit, mais il n’y a pas de magasinier qui commente, non plus -à l’exception notable de Alexandre, qui a commenté dans l’article « De l’info ,que de l’info!!! », où j’avais évoqué son statut.
Alors, les magasiniers savent-ils, peuvent-ils écrire?
Plusieurs raisons peuvent expliquer le fait que les magasiniers n’écrivent pas:

  • ils n’ont rien à écrire:
    le métier étant ce qu’il est, ce serait tout de même surprenant. Quelque soit la bibliothèque dans laquelle on exerce, qu’elle soit à la pointe de l’innovation ou en queue de peloton pour son équipement, nous sommes tous confrontés à des situations particulières, intéressantes ou non, dont nous pouvons parler.
  • ils n’osent pas écrire:
    se pourrait-il qu’un grand nombre d’entre nous ait des craintes vis à vis de sa hiérarchie en fonction que de ce qui sera écrit dans le blog? Peut-être est-ce vrai pour une toute petite minorité de magasiniers -et encore- mais dans la plupart des cas, il me semble que si le blog se consacre à la description fidèle de ce qui se passe dans l’établissement, ou à émettre des réflexions critiques réfléchies et constructives, je ne vois pas ce que pourrait craindre un magasinier.
  • ils ne savent pas écrire:
    bien sûr, pendant très longtemps, nous avons été recruté à un niveau fin de 3ème qui faisait de nous les « manars » de la profession -même si certains d’entre nous -et c’est mon cas- avaient poussé jusqu’au bac. Nonobstant le fait que n’avoir « que » le BEPC ou le Brevet, ne signifie pas que l’on ne sait pas écrire, depuis de nombreuses années, les personnes qui présentent le concours ont de plus en plus souvent un niveau bac, voir pour un grand nombre d’elles une licence. Donc de plus en plus de raisons de savoir écrire.

Je côtoie à la BU un certain nombre de magasiniers, et de par mes occupations extra professionnelles -syndicat, CAP- j’en rencontre d’autres établissements, je suis donc à même de constater que toutes ces personnes, qui savent s’exprimer, qui ont toutes des idées, des réflexions, sur le métier et son devenir, sont tout à fait capables de les exprimer.
Alors, les magasiniers, qu’attendez-vous? J’aimerais bien découvrir ce qui se passe dans vos bibliothèques, savoir comment vous travaillez, ce que vous espérez, etc… Allez, je me sens plutôt seul au milieu de tous(tes) ces BAS, de tous(tes) ces bibliothécaires et conservateurs, au demeurant très sympathiques dans leurs commentaires.
Allez, vous pouvez commencer par commenter, et après ce sera encore plus facile de créer votre propre blog.

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Responses

  1. Bonjour Alain
    Je tente une 4e explication: les magasiniers n’auraient plus envie de dire ou d’écrire ce qu’ils pensent?!
    Démotivés parce que certains auraient l’impression que cette mutation de nos métiers de bibliothécaire (au sens générique du terme) se fait sans eux? Inquiets parce que leurs tâches d’origine peuvent être soit automatisées soit faites par le premier étudiant venu et qu’on ne leur propose pas grand chose en échange, qu’on prend des décisions applicables sur le terrain sans même les avoir entendus eux qui y sont sur le terrain, que leurs compétences particulières ne sont pas reconnues (ici c’est l’agent d’entretien qui va remplacer un magasinier partant sans aucun concours sans aucun examen, moi ça me choque et me gêne !). Déprimés parce qu’ils sont remplis d’amour pour leur métier, jamais aussi satisfaits que quand un usager part avec ce qu’il était venu chercher mais qu’on n’entend/n’écoute pas leurs considérations pratiques qui visent justement à satisfaire au mieux nos usagers. Désabusés parce qu’après 15 ans de carrière ils n’atteignent pas les 1400€ nets et qu’au rythme de 30 à 40€ tous les 3 ou 4 ans les 1500 ressemblent à un Himalaya à gravir etc etc
    Personnellement parce que pleurnicher n’est pas mon truc, j’ai tenté et réussi un concours B il y a 2 ans mais en territorial pour -je rêvais- la possibilité de se faire recruter en local et ne pas mettre ma vie perso en l’air. Grande grande désillusion mais ceci est une autre histoire… Ok la territoriale super mauvaise idée ça c’est fait donc quoi d’autre… Faire part à ma direction pour la énième fois de mon envie de faire plus et mieux et de mes mille idées pour améliorer nos services, c’est fait aussi et entendu avec propositions d’évolution de mon poste à la clé mais je sais que comme d’hab je n’aurais pas les moyens sur le terrain et que tout devra passer par un conservateur qui n’aura pas le temps car eux sont débordés (d’ailleurs ça commence bien, propositions faites par mail car « pas le temps de vous rencontrer »). Et puis ce que ne semble pas voir la hiérarchie en tout cas chez moi : cette situation crée des dissensions terribles entre les magasiniers volontaires, prêts à s’investir même dans des tâches dévolues normalement à des catégories supérieures et ceux peut-être moins ambitieux qui se disent c’est comme ça et tant pis si je m’ennuie toute la journée. Et ça c’est compliqué aussi de devoir se justifier en permanence sur le fait que non on ne s’investit pas pour écraser les autres juste parce qu’on préfère être occupé et avoir des journées de travail un peu épanouissantes (de toute façon qu’y aurait-il à gagner ? chez moi en tout cas les propositions d’avancement sont faites uniquement au vu de l’ancienneté)
    Bref, je suis trop bavarde ! Et justement, pour finalement répondre à ta question, cette démotivation fait qu’une fois sortie du travail, je n’ai plus envie de parler du travail (même si j’avais déjà posté un commentaire sur ton blog, sur un sujet similaire il me semble). C’est désolant mais c’est ainsi.
    Moi d’ailleurs j’aurais plutôt envie de lire les catégories supérieures sur notre situation, les directeurs de Bu particulièrement puisque ce sont eux qui établissent les organigrammes et créent les fiches de poste. Quelles solutions avons-nous ?L’arrêté d’ouverture pour 2012 des concours d’AB et de BAS est paru, faut-il y aller ? en croisant les doigts très forts pour qu’après une éventuelle réussite, il y ait moyen d’une affectation pas trop loin parce qu’à l’approche de la quarantaine tout remettre en cause n’est pas toujours si évident et que le conjoint n’est pas forcément mobile. Faut-il attendre et espérer un avenir meilleur et de réelles évolutions pour les catégories C dans les bibliothèques ? Faut-il aller voir ailleurs quitte à renier un métier qu’on aime et qu’on a choisi ? …
    Caroline

    • Bonjour
      et merci de ce (long et très intéressant) commentaire.
      Je partage tout à fait ton point de vue, bien sûr. Et je m’inquiète vraiment de l’avenir. Cette désillusion touche aujourd’hui des mags encore jeunes -ce qui n’est plus mon cas, snif), quel devenir pour tous ces jeunes entrés par cette porte parce qu’elle est le 1er sas, et qui s’aperçoivent que les autres portes sont closes. non seulement celles de l’évolution de carrière, mais aussi celles des évolutions de poste?
      Tu aimerais lire des réponses de conservateurs sur ce point? Moi aussi. Un seul m’a répondu, en privé.
      Je le cite:

      les cons… aussi sont parfois démotivés et ont envie de jeter l’éponge ?

      Pas vraiment encourageant n’est-ce pas?
      Quant aux dissensions qui se créent dans les équipes, elles arrangent certains responsables: « diviser pour régner ».
      A suivre, un billet sur les tâches et les statuts. Pas très encourageant non plus…
      A te lire à nouveau
      Alain

  2. Bonjour,

    Je crois que la remarque vaut pour la profession toute entière. Je connais peu de blogs de BAS, de bibliothécaire, de conservateurs et encore moins de directeurs. A mon sens, ça tient plus à la culture qu’à la catégorie professionnelle. Pas de découragement, le partage des idées, des opinions, des savoirs-faire est très important et justifie largement de maintenir un blog. Tous mes encouragements 🙂

    • Bonjour
      je ne suis pas d’accord avec vous. Des blog, dans la profession, il y en a beaucoup. Personnellement, j’en suis sur mon agrégateur une bonne trentaine, et je suis loin de les suivre tous. Tous n’ont pas la même fréquence d’écriture, mais tous les jours il y a de nouveaux articles.
      Il y en a une liste complète ici
      Merci de vos encouragements.
      Alain

  3. Bonsoir,
    je pense qu’il y a effectivement pas mal de blogs dans notre profession mais celui d’Alain est le seul que je connaisse en tant que mag.
    Je suis un adepte des blogs. J’en tiens un perso sur les travaux que je fais dans ma maison depuis quelques mois et j’ai déjà été tenté d’en faire un professionnellement parlant.
    Je dois reconnaître que le devoir de réserve et la définition que j’en ai m’ont toujours fait hésiter à me lancer dans le blog professionnel.
    Peut-être ai-je été trop hésitant quand je vois le résultat du blog d’Alain.
    Merci aussi pour la liste des blogs professionnels.
    Alexandre

  4. Bonjour
    Pour info, il y a eu au moins un autre blog de magasinier, par Pierre aka Reup, qui est aujourd’hui BAS
    http://akareup.canalblog.com/

    27.7 / Mathieu Saby

  5. D’accord pour dire qu’il y a peu de blogs de C, surtout en proportion de la population de C dans le métier, mais y a-til beaucoup de biblioblogs en général? Une petite centaine à tout casser, dont peut-être une cinquantaine d’actifs, pour x milliers de bibliothécaires. Dans ma promotion à l’enssib, sur 30 bibs, nous sommes je crois trois à avoir un blog, dont un qui n’a rien à voir avec les bibliothèques. Et notre promotion n’est pas représentative de la profession, vu qu’on doit avoir 25 ans de moyenne d’âge…

    Ensuite, je comprends parfaitement que bcp de collègues quelle que soit leur catégorie préfèrent faire un blog sur la cuisine ou les romans policiers plutôt qu’un blog sur leur boulot. Et cela peut même leur permettre de développer des compétences qui seront un jour utile dans leur boulot, même si ce n’est certainement pas leur but.

    Cela dit, je suis mal placé pour pavoiser vu que je n’ai rien publié depuis 1 mois… Mais je n’ai pas envie de publier tous les jours uniquement pour faire du remplissage. J’attends d’avoir des choses intéressantes à dire… Par contre, j’ai fait qq commentaires sur des blogs existants, et j’ai continué à twittofacebooker, ou à discuter de certains sujets par mail.

    Donc avoir un blog, ce n’est qu’un élément de la « visibilité » des collègues. Etre simplement actifs sur les réseaux sociaux, et dans les commentaires des billets des blogs existants, peut déjà être une bonne chose. En plus, c’est dans le débat et la confrontation des points de vue que l’on affine ses opinions, et que l’on peut finir par avoir envie de faire son propre blog pour les exprimer. Enfin, j’imagine que cela se passe comme ça pour pas mal de gens…

    Cela dit, on pourrait se demander combien de cat. A, B, C sont présent sur twitter, facebook, linkedin… Mais ces outils peuvent être à la fois utilisés dans un contexte semi-professionnel ou complètement privé, contrairement à un blog dont la thématique est facilement identifiable…

    Bon week-end!
    Mathieu – 27.7

    • Bonjour Mathieu
      il y a actuellement environ (chiffres de 2010 pour les BAS)
      1564 con’s
      623 bib’s
      1302 BAS
      396 AB
      2384 mag’s
      total :6269
      Alors, oui, c’est peu! Et je ne vois pas en quoi le fait d’avoir un blog traitant de cuisine ou de quoi que ce soit d’autre empêche d’en avoir un professionnel. D’autant que c’est à peu près le seul moyen dont nous disposons pour échanger sur nos méthodes, outils, conditions de travail, etc…
      A mon avis Twitter ne permet pas ce type d’échanges de par sa brièveté. Et je me demande si la plupart des bib’s absents des blogs ne le sont pas également de Twitter, Facebook ou tout autre moyen de communication de ce genre
      Alain


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