Publié par : kantreadenn | 5 février 2012

De tous ceux qui n’ont rien à dire…


les plus agréables sont ceux qui se taisent.*

Dans quelques articles,  j’ai abordé la question des horaires d’ouverture, pas toujours adaptés aux désirs ou aux besoins de nos lecteurs.

voir:

 ouvrir plus

ouvrir un peu? beaucoup? mieux?

 comparaison n’est pas raison

Certains lecteurs -qui avouent eux-mêmes avoir lu un de mes articles en diagonale!- laissent entendre que j’aurais omis de parler des moyens qui pourraient permettre de mettre en place des ouvertures plus importantes ou d’autres jours que ceux où la bibliothèque est déjà ouverte. Et du même coup, me font en quelque sorte un procès d’opinion, en laissant entendre que je serais du même avis que certains conservateurs qui réalisent ces ouvertures élargies avec des contractuels ou des emplois étudiants.

D’abord, une évidence à la lecture des deux premiers articles cités: j’ai exprimé mon opinion sur ce point. Mais, par ailleurs, je ne peux bien sûr, contrairement à un directeur -qui lui-même ne l’a pas toujours- avoir quelque possibilité que ce soit de décider des emplois. Il va sans dire -mais encore mieux en le disant apparemment- qu’en cas de réflexion sur des ouvertures élargies, je ferai partie de celles et ceux qui réclameraient soit:

des moyens humains supplémentaires, à priori non contractuels

que les agents titulaires qui le souhaitent puissent participer à ces ouvertures élargies, avec des aménagements, et -uniquement- si cela ne porte pas préjudice au fonctionnement habituel de la bibliothèque et au personnel

donc des ouvertures assurées par du personnel titulaire, présents pour faire du travail de bibliothécaire, et non pas du personnel placé en poste uniquement pour faire de la surveillance, dans le cas où ces ouvertures supplémentaires offriraient aux lecteurs le même service que celui qu’on propose actuellement.  Tout dépendant de ce qui serait mis en place: nombre d’heures, nombre de salles ouvertes, services proposés, etc… Cela fait partie d’une réflexion préalable, et les possibilités sont telles que je ne peux les aborder ici.

Bien sûr, je suis contre l’emploi de contractuels en lieu et place de titulaires. Et pourtant dans toutes les BU, il existe des emplois de contractuels -dont certains sont actuellement ‘cdéisés », et dans toutes les BU il existe des emplois étudiants. La question n’est pas de savoir si il faut des titulaires pour assurer cette mission de service public. Il faut que ce soit des titulaires. La question que l’on doit se poser, c’est: que fait-on concrètement dans nos bibliothèques pour offrir un vrai service? Sachant que l’état ne nous accordera pas les postes que nous demandons, serions-nous prêts, les magasiniers, à assurer nous mêmes ces horaires autres, si ceux ci s’avèrent utiles, voire nécessaires? Il y a des BU où cela ne se fera pas, parce qu’il ne semble pas y avoir de besoins. Je dis bien: semble! Dans d’autres c’est une nécessité parfois. D’où la nécessité d’y réfléchir avant qu’un jour cela ne nous tombe sur la tête.

Cas de figure:

si, dans une bibliothèque, il s’avérait indispensable d’augmenter les ouvertures -de quelque manière que ce soit- cela peut se faire avec du personnel titulaire -sur la base du volontariat ou non, je n’ai pas vocation à  décider- qui verrait ses horaires habituels aménagés, qui obtiendrait des compensations financières, etc… Mais on peut aussi « imaginer » que le personnel ne serait pas d’accord pour le faire. Que faire dans ce cas, si cette augmentation est réellement nécessaire?

ne pas le faire, au détriment du public?

le faire avec des contractuels, étudiants ou autres?

Je n’ai pas de réponse à cela. Il semble que dans certaines bibliothèques, cela se soit fait sans concertation préalable avec le personnel. Que dans d’autres, cela se soit passé autrement. En tout état de cause, quand on discute augmentation des horaires d’ouverture entre magasiniers, la majorité est contre. Pour des raisons le plus souvent personnelles. Je précise que je ne porte aucun jugement, d’autant plus que je n’aimerais pas trop non plus travailler le samedi ou le dimanche, ou certains soirs jusqu’à 22 heures! Mais qui prend réellement en compte le service à rendre au public?

*Coluche

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Responses

  1. Merci pour ce texte qui permet de sortir des caricatures

  2. Bonjour,
    Il me semble que nous sommes une majorité à être d’accord pour l’ouverture plus tardive des bibliothèques, et pour l’ouverture les samedis et même les dimanches (pourquoi pas ?) si cela est nécessaire. Mais il est très important que ces ouvertures se fassent avec du personnel qualifié, et que les personnels soient volontaires pour ce travail. Il est quand même à noter qu’il existe une forte inégalité dans la rémunération du travail du dimanche (et même du samedi) dans les bibliothèques. Certaines récupèrent des jours par dimanche travaillé. D’autres bibliothèques payent leur personnel 175 € par samedi travaillé, d’autres encore payent 300 € net par dimanche travaillé. Comment se retrouver dans tout ça ? Il faudrait se mettre d’accord sur un mode de récupération ou de rémunération unique, quelque soit la BU dans laquelle vous travaillez ?
    Qu’en pensez-vous ?

    • Bonjour Rose
      Je ne suis pas sûr que nous soyons une majorité -parmi les mags- à souhaiter des ouvertures plus larges. Un certain nombre de raisons plutôt personnelles que professionnelles font que beaucoup de collègues freinent des deux pieds , même lorsqu’il ne s’agit que d’une discussion .
      En fait, il y a deux difficultés majeures pour convaincre:
      – démontrer une réelle nécessité, en ne la basant sur des chiffres de fréquentation, mais sur de vrais critères de besoin. Démontrer que ces besoins ne sont pas seulement subjectifs et expliquer qu’un élargissement des horaires peut être motivé même s’il ne va -au moins au début- concerner que quelques lecteurs
      – mettre en place une rémunération juste pour les volontaires, ou un système de récupération qui soit d’un réel intérêt pour le personnel, avec un vrai dialogue à priori>

      Ouvrir plus avec des contractuels et/ou des moniteurs étudiants donne un argument de poids -même s’il peut paraître fallacieux- aux opposants: si on ne met pas du personnel qualifié, c’est que ces ouvertures ne sont pas réellement utiles, qu’il s’agit là uniquement de surveillance, et que ce n’est mis en place que pour « l’image ». (comme si l’image d’une bibliothèque n’était pas importante)

      D’où l’importance du dialogue entre les « responsables » des bibliothèques et le personnel.

      En ce qui concerne votre question sur les rémunérations, il est difficile d’y répondre. Cela dépend de tellement de critères (types de bibliothèques, capacité de l’établissement à rémunérer, etc..) qu’il ne me paraît pas possible d’envisager un traitement uniforme.

      Merci de votre commentaire et bon courage dans votre travail, en espérant vous avoir comme fidèle lectrice
      Alain


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