Publié par : kantreadenn | 16 février 2012

J’ai eu un rêve…*


Bon, je vous l’avoue, j’ai de mauvaises lectures. De ces lectures qui donnent à penser à mal, qui donnent des rêves jouissifs, qui laissent au réveil une impression de désolation parce que ce n’était qu’un rêve.

J’ai trouvé dans le livre que je lis dans le train pour aller et revenir du travail -entre autres merveilles- ceci:

Les lecteurs ne sont pas tous les mêmes : certains lisent cachés, d’autres à découvert. Il faut des grottes et des jardins. Des espaces clairs et spacieux,des coins intimes, des salles de méditation et des salles de travail en groupe**

le succès des bibliothèques publiques tient autant à la qualité de leurs espaces qu’à la richesse de leur collections. Les lecteurs y viennent et s’y plaisent. Que demander de mieux? La même chose pour les BU!**

Alors je me prends à rêver, vous disais-je, qu’un jour, dans nos BU, nous tiendrons compte des attentes du public. Bien  sûr, il nous est difficile, voire impossible, de modifier, transformer les limites extérieures de nos établissements. Peut-être l’est-ce à l’intérieur?

Michel Melot, dans le même ouvrage**, cite Umbert Eco, in De Bibiliotheca:

une bonne bibliothèque est celle où l’on peut photocopier ce que l’on veut tout en mangeant un sandwich

Alors oui, en lisant cela, je rêve de transformer les espaces. On pourrait le faire à moindre coût -ce qui enlève déjà un argument aux tenants du surplace- et transformer une pièce « invivable » en un endroit agréable.

Un exemple? Notre hall. Très mal fichu, mélange de hall de gare et  de salle de consultation, on y trouve des PC publics, les journaux, des chauffeuses,  les périodiques, des tables d’exposition, des tables pour travailler, un local photocopieurs, la banque de prêt et la banque d’accueil. Et oui! tout cela dans le même local, entre l’entrée et la salle de lecture.

Les gens y parlent assez fort, on y entend les sonneries de portables, les musiques des ordinateurs portables qui s’allument, et les groupes qui entrent ou sortent s’expriment comme s’ils étaient encore ou déjà dehors.

Enlevons la banque de prêt et mettons-la dans la salle de lecture (accessoirement, cela permettra peut-être d’y réinstaller un relatif silence), mettons la banque d’accueil à la place, mettons les tables de travail dans d’autres salles -ce qui ne minorera pas le nombre de places assises- achetons des chauffeuses -ou fauteuils ou chaises-longues- installons un distributeur de boissons, un autre de choses diverses, et laissons les lecteurs s’y installer. Tant qu’ils seront dans cette salle, ils pourront discuter, téléphoner, boire un café ou un soda, lire le journal, feuilleter une revue, etc, etc…

Mais, à contrario, dès qu’ils franchiront le seuil des autres salles, ce sera pour entrer dans un monde d’études, de réflexion, où on ne mange ni ne boit, et où règnent calme et volupté. Enfin, surtout calme!

Les bibliothèques ne doivent plus être -uniquement- ces lieux de recueillement, où des étudiants, penchés sur leurs ouvrages, travaillent sous la surveillance de bibliothécaires qui veulent tout contrôler (voir à ce sujet l’article que leur consacre Thomas dans Vagabondages), autorisant avec peine l’accès à leurs documents qu’ils ont pris tant de soin et de temps à cataloguer, équiper, et qui souffrent de les voir feuilletés, parfois annotés, malmenés.

Mais comme l’écrit encore Michel Melot dans le même ouvrage**:

…résoudre la question que les bibliothécaires connaissent bien: comment concilier les besoins du lecteur et les exigences du document alors que tout oppose communication et conservation

et plus loin:

il faut distinguer les bibliothèques qui se donnent comme mission prioritaire la conservation des documents, au détriment des lecteurs, de celles qui se donnent pour mission de servir d’abord les lecteurs au détriment des livres.

A quelle catégorie appartient notre bibliothèque universitaire?

**Michel Melot in la sagesse du bibliothécaire, l’œil neuf éditions, 2004

Michel Melot a été directeur du département des estampes et de la photographie de la BNF, puis directeur de la BPI du centre Pompidou. Il a également été président du conseil supérieur des bibliothécaires.

Je vous conseille entre autres choses, la lecture du passage consacré à la BNF!

* Martin Luther King

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