Publié par : kantreadenn | 14 décembre 2012

Avenir et devenir…


Mais qu’allons- nous devenir? Question récurrente chez les magasiniers -entre autres personnels d’état. Dans certaines BU, le taux d’emprunt de documents a tellement baissé que peut se poser la question du nombre de magasiniers -de personnel- en poste à la banque de prêt.

Les bibliothèques tendent à devenir des lieux de rencontres, principalement, des lieux où l’on vient travailler avec comme outil un PC ou un portable, sur lequel on travaille, on lit, on suit les réseaux sociaux, et de moins en moins des lieux où l’on emprunte. Que fait alors le magasinier qui fait sa permanence à la BdP? Il passe une partie de sa permanence à attendre le chaland qui passe…et ne s’arrête pas.

Dans un de ces moments de creux de vague- et qu’ils sont loin les temps de « forte houle »- nous discutions tout à l’heure de notre présent -nos tâches sont-elles assez conséquentes pour nous occuper à temps plein- et de notre avenir -quelle sera l’évolution de notre métier?

Je crains tout autant l’obsolescence de notre travail et du service offert que le changement radical non préparé. L’avenir est au numérique -c’est d’une telle évidence que cela ne vaut pas d’être discuté- mais est-ce notre avenir?

Il y a deux ou trois ans, nous avons vu arriver quelques étudiants avec un ordinateur portable. Il y a un ou deux ans, un étudiant sur deux présents avait un portable. Aujourd’hui? Deux sur trois? Trois sur quatre? Tellement en tout cas qu’il y a rarement la queue pour utiliser nos PC (au nombre de 14). La documentation numérique -en ce qui concerne les revues- est devenue un des piliers de la BU, parallèlement les emprunts de monographies se réduisent d’année en année. Il y a 10 ans, nous prêtions plusieurs centaines de numéros de périodiques par mois, aujourd’hui, à peine une dizaine.

Nous parlions aussi des automates de prêt qui pourraient à terme remplacer -en partie- les magasiniers. L’éventualité en avait été discuté il y a quelques années, remise aux calendes grecques suite au tollé généré par cette idée. Aujourd’hui, qu’en reste-t-il? Y aurait-il un intérêt -un avantage?- à se doter d’un tel matériel? Pas si sûr. La baisse des prêts, des documents dont l’équipement n’est pas prévu pour ce type de machines, le coût d’un tel matériel.

Alors qu’allons-nous devenir? Combien de temps allons-nous continuer à attendre le lecteur à la BdP? Combien de temps allons-nous lutter contre l’évolution à coups d’idées toutes faites? Combien de temps encore à prétendre qu’il nous faut lutter pour préserver le papier parce que le numérique serait la mort du livre?

Le numérique est l’avenir. Depuis quelque temps, les écoles primaires ont été équipées en informatique, le gouvernement actuel lance un nouveau plan complémentaire. Les établissements, qu’ils soient primaires ou secondaires, vont donc de plus en plus s’équiper et de plus en plus travailler avec le numérique. Des écoles sont déjà dotées, à titre expérimental, de tablettes qui remplacent livres et cahiers. Les universités en général, et les BU en particulier, vont-elles suivre le mouvement, ou rester à la traîne, et ne plus offrir le service adéquat aux étudiants et enseignants.

Il n’est plus temps de s’inquiéter, ou de se demander, si le numérique va anéantir le papier. Le numérique va vraisemblablement prendre la primauté en tant qu’outil. Il va être nécessaire, voire indispensable -si l’on veut garder des lecteurs, voire les faire revenir- de redéfinir notre rôle, nos missions, et les service offerts. Prêter des liseuses, des tablettes, bien sûr, mais, et surtout, proposer une offre conséquente de documents numérisés, sans doute en minorant le budget d’acquisitions de documents papier.

C’est une évolution indispensable, une (r)évolution des esprits, qui décidera à -court? moyen?- terme de l’avenir des bibliothèques, et donc de notre avenir.

Et les magasiniers, là-dedans? Et bien, le métier va changer, évoluer. Je ne le verrai pas -et oui, votre serviteur est en train de prépare sa retraite!- mais elle concerne une grande majorité de magasiniers, il est essentiel que les magasiniers soient partie prenante de la réflexion qui va -forcément- se mettre en place, voire déjà en cours.

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Responses

  1. Pour illustrer cet article, « Ciel ma bibliothèque » offre de nombreuses ressources :

    Quand les bibliothèques font les choix qui détermineront leur place dans la société de 2050
    http://cielmabibliotheque.tumblr.com/post/38093890459/quand-les-bibliotheques-font-les-choix-qui

    Quand on me demande comment l’équipe de ma bibliothèque vit la mort du livre papier
    http://cielmabibliotheque.tumblr.com/post/37542784662/quand-on-me-demande-comment-lequipe-de-ma-bibliotheque

    Quand les collègues voudraient que ce soit le monde qui s’adapte à leurs petites habitudes
    http://cielmabibliotheque.tumblr.com/post/36800999885/quand-les-collegues-voudraient-que-ce-soit-le-monde-qui

    Quand on demande aux bibliothèques comment elles se voient en 2050
    http://cielmabibliotheque.tumblr.com/post/36508945619/quand-on-demande-aux-bibliotheques-comment-elles-se

    etc.

    Ciel ma bibliothèque étant collaboratif, cela prouve que l’interrogation/l’inquiétude de cet article est partagée par un grand nombre de professionnels.


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