Publié par : kantreadenn | 6 septembre 2013

Numérique ou papier?


Faut-il choisir? Et surtout, pourquoi faudrait-il choisir? Questions induites par une discussion avec des collègues qui ne conçoivent pas de lire sur écran (comment? Tu lis sur une tablette!? Mais ça ne te manque pas le contact avec le livre? etc, etc…)

Restons zen… Numérique ou papier, un livre reste un livre ! Combien d’entre nous ressortent toujours les mêmes « arguments » contre le numérique, au prétexte que :

  • ce n’est pas pareil: effectivement ce n’est pas pareil, et alors?
  • on n’a pas le toucher du papier: et alors? C’est le toucher du papier qui fait la qualité d’un livre? Pour n’en citer qu’un: « nuances de gris » (j’ai oublié combien il y en avait!) c’est le papier qui fait sa qualité? En tout cas, ce n’est pas le contenu!
  • la lecture n’est pas la même: ah? Il m’est aussi impossible de lire L’existentialisme est un humanisme de Sartre sur ma tablette que sur du papier. Et j’éprouve autant de plaisir à (re)lire Cyrano de Bergerac de Rostand en numérique qu’en papier.
  • ce n’est pas vraiment un livre: ça s’appelle un truisme. Ma tablette n’est pas un livre!

etc..etc…

Je suis un passionné de lecture, j’ai toujours plusieurs livres en cours. Je suis un lecteur éclectique, lisant aussi bien les grands classiques (19ème et 20ème) que les thrillers islandais (Arnaldur Indriason) ou américains (Connelly), les classiques de la science-fiction des années 40 et 50 (Heinlein, Van Vogt, Asimov, Bradbury) que les auteurs de fantastique ( Poe, Lovecraft, King), les classiques policiers (Leblanc, Doyle) que ceux d’aujourd’hui (Vargas), pourquoi devrais-je me passer de lire parce que certaines situations rendent difficiles voir impossible de me balader avec mes livres entamés, pour pouvoir passer de l’un à l’autre.

Et puis, il y a un truc formidable avec le numérique: vous pouvez télécharger tous les classiques sans débourser un sou. Et vous pouvez découvrir tous les écrivains, suivant les règles du domaine public (au Canada une œuvre entre dans le domaine public 50 ans après la mort de tous ses auteurs, alors qu’en France cette durée a été étendue à 70 ans après la mort des auteurs), les « petits » comme les « grands ». Et si untel ne vous plaît pas, vous le mettez de côté ou vous le jetez. Ce ne sont que des octets!!!

Ne pas sentir le contact du papier sous mes doigts? Franchement, la qualité du papier d’un livre de poche étant ce qu’elle est, je n’ai pas de scrupule à lui préférer ma tablette. Certaines personnes parlent d’hérésie quand elles évoquent le numérique, ce qui bien sûr ne les empêche pas d’écouter de la musique sur des lecteurs de CD, voire sur un lecteur MP3 ! Tout le monde est passé de la galette vinyle aux cassettes audio puis aux CD -et aujourd’hui au MP3- et -presque- personne n’a considéré que c’était une hérésie. Pourquoi le livre, alors ?

Parce que le livre, c’est le Savoir. Et le Savoir se découvre sur un support noble, le papier. Et sans doute lire les grands philosophes, les grands politiques, l’histoire sur un support numérique rend absconse l’approche de ce type de documents. Mais vous pouvez prendre Hegel, Rousseau, Marx, Sartre ou qui vous voulez d’autre, lire ces auteurs en numérique n’a jamais changé leurs écrits, et leur compréhension reste aussi ardue sur tel ou tel support.

Le numérique est un support d’avenir. Je n’ai pas écrit le support mais un, parce que le support papier ne disparaîtra pas. Il est indispensable, utile, et jamais -ou pour le moins pas avant longtemps- on ne numérisera toute la production littéraire et/ou scientifique.

Le support numérique est un support d’avenir parce qu’il convient parfaitement aux étudiants et aux enseignants, que c’est lui sans doute qui libérera nos enfants du poids de leur cartable, parce qu’il plus aisé -question de droits- de numériser des documents universitaires ou des manuels scolaires que des romans ou des essais dont les auteurs attendent de la vente des exemplaires une rémunération -justifiée. Il est tout de même à noter que certains auteurs publient déjà directement en numérique. Cela situe-t-il leur œuvre à un niveau plus bas que ceux qui publient sur papier?

A l’avenir, les bibliothèques universitaires auront l’obligation -enfin, celles qui ne le font pas encore- de fournir des tablettes -ou des liseuses- et surtout des documents téléchargeables. Notre métier change, c’est une évidence. Refuser cette évolution, c’est se condamner. Et de toute façon, en tant que professionnels, nous n’avons pas le droit de ne pas nous préparer à ces changements.

P. S.: pour ne rien vous cacher, cet ostracisme envers le livre numérique m’agace souverainement. Tout le monde utilise internet, le téléphone portable, le MP 3, même les bibliothécaires, pourquoi sont-ils si nombreux à vouer aux gémonies cet outil? Serait-ce parce qu’ils sentent quelque chose leur échapper? Il a tout de même fallu que je mesure mes propos pour écrire cet article… ah, une précision: j’ai une grande bibliothèque papier à la maison. J’achète aussi des « vrais » livres!!!

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Responses

  1. Certains bibliothécaires ont peur de l’irruption du livre numérique car il change complètement la chaîne du traitement du livre, de l’organisation en bibliothèque et que rien n’ai fait pour accompagner ce changement… Paradoxalement ce qui se fait de mieux je trouve au niveau du numérique ce sont les bibliothèques numériques en ligne proposant du fonds patrimonial, comme Rennes dont je parle aujourd’hui : http://bibliomab.wordpress.com/2013/09/06/les-tablettes-rennaises-le-patrimoine-numerise-de-la-bibliotheque-de-rennes-metropole/

    C’est un début !
    Cordialement
    Léo

    • Oui, j’avais vu votre article et jeté un œil.
      Je partage votre avis sur la « peur » des bibliothécaires, mais il faudrait tout de même la dépasser pour avancer.
      Cordialement
      Alain

  2. […] Faut-il choisir? Et surtout, pourquoi faudrait-il choisir? Questions induites par une discussion avec des collègues qui ne conçoivent pas de lire sur écran (comment? Tu lis sur une tablette!? Mais …  […]

  3. […] Ne pas choisir entre livre numérique et livre papier. […]

  4. […] Faut-il choisir? Et surtout, pourquoi faudrait-il choisir? Questions induites par une discussion avec des collègues qui ne conçoivent pas de lire sur écran (comment? Tu lis sur une tablette!? Mais …  […]

  5. […] Faut-il choisir? Et surtout, pourquoi faudrait-il choisir? Questions induites par une discussion avec des collègues qui ne conçoivent pas de lire sur écran (comment? Tu lis sur une tablette!? Mais …  […]

  6. Je fais se que je veux tout papier
    Cela ne dérange personne
    Les préférence sont personnels,
    Que l’on ne m’enlève jamais mes livres
    !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Moi je veux mes livres , mon carnet ce note et des crayons de bois

    je me sers d’un ordi. depuis les premiers jours, très grand et très gros et les vieux faxes en morse et je suis sur clavier tout les jours au minimum 4 heures/Jours 7 jours/7, depuis trente ans , et la retraite n’existera pas pour moi, pas fonctionnaire
    Alors des heures de clavier et d’écran
    J’ai eu un fiancé Ingénieur Informaticien, et le père de mon a crée un des premiers jeux de rôle virtuel et vous ne leurs auriez jamais fait lire un livre sur un écran,,

    • Bonjour
      merci de votre lecture et de votre commentaire
      je n’arrive à savoir si vous êtes sérieuse ou si votre humour m’échappe. Je vais faire comme si c’était sérieux et vous répondre ceci:
      je n’ai jamais évoqué la disparition des livres
      je n’ai jamais voulu faire lire les gens sur un écran
      chacun fait ce qu’il veut comme il veut, il se trouve simplement que j’aime avoir le choix
      cordialement
      Alain
      PS1: il n’y pas que les fonctionnaires qui ont une retraite
      PS2 le respect de l’orthographe et de la syntaxe rend la lecture plus agréable, ceci écrit sans vous offenser.
      PS3: j’ai supprimé de votre commentaire l’écran vidéo et je l’ai remplacé par un lien. J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

  7. […] A l'avenir, les bibliothèques universitaires auront l'obligation -enfin, celles qui ne le font pas encore- de fournir des tablettes -ou des liseuses- et surtout des documents téléchargeables. Notre métier change, c'est une …  […]

  8. Ma liseuse me permet de choisir la taille des caractères et me lira les textes quand ma vue sera devenue trop mauvaise ; d’ailleurs, sur ma liseuse, j’ai déjà des livres lus. Grosse lectrice de littérature en anglais, j’apprécie de ne pas avoir à trimballer un dico dans le RER. J’ai même les normes de catalogage sur ma liseuse, ou les nouvelles que j’ai écrites, un ou deux numéros du BBF et le dernier Alternatives économiques. Et franchement, l’odeur de la norme AFNOR ne me manque pas du tout!
    Tout ça pour dire que le numérique, c’est aussi, pour les publics empêchés, une accessibilité plus facile à un plus grand nombre de documents auparavant peu, mal ou pas disponibles. Un document électronique acheté et une liseuse prêtée, c’est un livre-lu, un exemplaire en gros caractères qu’on n’a moins besoin d’acheter. Rêvons un peu: c’est cette étudiante lourdement handicapée qui n’aura pas besoin de se déplacer pour faire la demande d’envoi d’un ouvrage d’un autre site, pourtant à 5 mn de l’université mais inaccessible en fauteuil, qu’elle devra revenir chercher quelques jours plus tard.

    • Merci de cet apport à mon article. Nous y viendrons, par la force des choses.
      Bonne continuation
      Alain


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