Publié par : kantreadenn | 3 octobre 2013

J’équipe, tu équipes…


J’en ai peut-être déjà parlé dans un article où je détaillais le boulot d’un magasinier -chez nous- mais j’ai la flemme d’aller vérifier. [edit : bon finalement, je l’ai fait. Pfff, et rien, parce que je n’ai pas trouvé d’article qui détaille tout cela. Juste un qui parle des dates de retour], Alors voilà comment nous équipons les livres que nous acquérons.

Pourquoi nous le faisons, pourquoi nous pourrions -peut-être- ne pas le faire.

Je ne vous parlerai pas du circuit du document -il est compliqué et les raisons qui ont motivé son cheminement m’échappent- mais de l’équipement  « physique » d’un livre.

Nous le tamponnons sur les tranches -BU Savoie- nous le tamponnons à toutes les pages « 31 » -31, 131, 231, etc… vous imaginez le boulot pour un code!!!- nous mettons un antivol, un code barres, une étiquette avec le n° d’inventaire, nous le couvrons et nous mettons enfin une étiquette avec la cote Dewey. Nous mettons à la fin du livre un papier qui permet de tamponner la date de retour. Et pour peu que cela soit un « usuel » nous lui ajoutons -sur l’étiquette de la cote- une étiquette de couleur transparente. Ouf !!!

equipement

Voyons à quoi tout cela sert :

  • les tampons :
    • sur les tranches :le livre est à nous !!!
    • sur les pages : on vous répète qu’il est à nous !!!
  • l’antivol : comme il est à nous, les étudiants ne peuvent l’emmener sans l’enregistrer !
  • le code barres : pour l’enregistrer !
  • le n° d’inventaire : toute propriété de l’état doit être inventoriée…
  • la cote Dewey : c’est pour le ranger sur les rayons. Elles sont déjà pas simples, mais des fois, on met une cote super compliqué, comme ça, les étudiants ne le trouvent pas -j’exagère, ils ne sont pas si bêtes !!!
  • l’étiquette couleur : c’est à nous, c’est un usuel, il ne sort pas de la BU !!!
  • la date de retour : comme son nom l’indique…

de quoi les étudiants ont-ils vraiment besoin ?

  • la cote Dewey : impossible de s’en passer, il faudra donc apprendre à l’utiliser

de quoi avons-nous -réellement- besoin ?

  • la cote Dewey pour le classement
  • le n° d’inventaire pour l’inventaire et quand on refoule en magasin (où tout est classé au n° d’inventaire)
  • le code barres pour enregistrer l’emprunt ou le retour

et le reste alors ?

  • les tampons ? Superfétatoires, tout le monde sait que les livres sont à la BU. A la limite, pour satisfaire une certaine frange conservatrice, un coup de tampon sur la page de titre…
  • l’antivol : utile, Indispensable ? Ben, en fait on ne sait pas, parce que nous n’avons aucune notion sur la réalité des vols et leur quantité. Si on met des antivols, il faut des appareils pour dé(re)magnétiser, un portique de détection (ça, indispensable pour les statistiques, même si on sait que tout cela n’est pas très fiable…). Plein de dépenses pas forcément obligatoires. Faudrait voir… (à la place on pourrait acheter du numérique, je dis ça, je dis rien!!!)
  • la date de retour : les étudiants disposent d’un compte sur le site de la BU où ils peuvent savoir combien de livres ils ont et quand ils doivent les rendre. Alors considérons les comme des adultes et laissons les se débrouiller. (oui, mais ils n’ont pas l’habitude, il va y avoir plus de retards, etc… ben, il y a déjà beaucoup de retard, un grand nombre ne sait même pas que le coup de tampon que nous mettons à la fin du livre, c’est la date de retour!!!)

Bon, alors, qu’est-ce qu’on fait ? On continue à faire du boulot dont la nécessité ne -me- saute pas aux yeux ? Ben oui, d’autant plus qu’il y a plein de personnes qui la voient, elles, la nécessité. La majorité peut-elle avoir tort ?

Je m’arrête là, c’est un débat d’intellectuel ,et moi je ne suis que magasinier…

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Responses

  1. « Je m’arrête là, c’est un débat d’intellectuel ,et moi je ne suis que magasinier… »

    Les managers adorent débiliser les magasiniers, s’il lisent votre blog, ils vont jouir et se diront : »Ah ces imbéciles de magasiniers ! nous n’avons même plus besoin de leur montrer que nous les voyons comme des boys, ils comprennent d’eux-mêmes qu’ils sont des moins que rien. Nous les dénigrons depuis 20 ans et à force, ils ont intériorisé notre discours, ils savent où est leur place ».

    Eh bien ça me choque ! On peut être magasinier et plus intellectuel qu’un manager comme on peut être postier et philosophe, oui, ça s’est vu…

    Je sais que vous allez dire : « c’était de l’ironie » mais j’en ai assez d’entendre les magasiniers s’auto-dénigrer, les managers nous humilient déjà assez, pas la peine de leur donner la cravache pour qu’ils nous frappent !

    PS : j’ai bien parlé des managers, les vrais conservateurs ne se sentiront donc pas visés.

    • Bonjour.
      Bien sûr que c’est de l’ironie!!! Et non, je ne suis pas d’accord, le fait de m’accepter en tant que magasinier « non intellectuel » n’est pas me dénigrer.C’est une réalité. Je me permets de vous rappeler que le fait de ne pas être un « intellectuel » ne signifie pas que je me considère comme »débile ». Et à mon grand plaisir je n’ai jamais rencontré de « managers » me considérant comme un « boy ». Même si effectivement certains conservateurs ou directeurs n’ont pas de nous une image très positive. Mais leur en donnons-nous toujours?
      Cordialement
      Alain


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