Publié par : kantreadenn | 6 décembre 2013

(dis)parité…


Juste pour la clarté de ce qui va suivre, un petit rappel : la CAPN, organisme paritaire*, regroupe en son sein des représentants élus du personnel, titulaires et suppléants, et des représentants de l’administration, non élus, et dont la tâche principale est d’œuvrer en fonction des directives de cette administration. La CAPN est consultative, mais il est rare que le ministre revienne sur nos propositions. On peut imaginer qu’il a autre chose à faire !

*Les CAP sont composées en nombre égal des représentants de l’administration et des représentants du personnel.

Les représentants de l’administration sont nommés par le chef du service concerné ; ce sont des fonctionnaires d’autorité pour la fonction publique d’État,

Les représentants du personnel sont élus au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne, par les fonctionnaires titulaires, à partir des listes présentées par les organisations syndicales.

Après les préparations entre représentants du personnel, nous voici donc face à la parité administrative. Nous avons là des directeurs de service, un DRH -celui de la BNF- un inspecteur des services. Un peu impressionnant la toute première fois -en tout cas pour moi- et puis très vite on comprend qu’en fait, nous n’avons affaire qu’à 2 ou 3 personnes, les autres étant là pour faire fonction. Interviennent essentiellement la présidente de la CAP -qui n’est pas toujours la même personne- le DRH de la BNF, le chef du service des magasiniers, et parfois intervient sur un point précis une autre personne. Et que finalement, ils n’ont rien d’impressionnant, ils font leur travail, mais on sent que nous ne gravitons pas dans les mêmes sphères.

Les sujets dont nous avons à débattre ne sont pas anodins. Ils concernent la vie des magasiniers, et les décisions qui sont prises vont avoir un impact important sur cette même vie. Mais la parité administrative ne semble pas toujours avoir cette vision des choses. Le refus -ou l’acceptation- d’une mutation peut bouleverser la vie d’une personne, engager des frais, perturber une vie familiale, de tout cela il faut être conscient -et nous le sommes. Un changement de grade ou une promotion dans la catégorie supérieure peut permettre à une personne ou à une famille d’envisager son avenir différemment. Une augmentation -ou une stagnation- de salaire peut changer beaucoup de choses, par exemple la motivation que l’on va avoir -ou retrouver- à faire son travail.

Lors d’une CAPN, les débats, bien sûr, se déroulent dans la plus grande sérénité et dans le respect des autres. Mais il faut de même savoir que si certains représentants de l’administration ont une attitude « bienveillante » envers nous, c’est plus dû à la différence qu’ils font entre eux et nous qu’à un respect que certains ne pensent pas nous devoir. En ce qui me concerne, si je n’élève, lors des CAPN, pas la voix, rien ne me retient de dire ce que je pense être juste, et je tiens à être « droit dans mes bottes » quant à la défense des droits de l’ensemble de mes collègues. Je suis particulièrement scandalisé par le peu de possibilités que l’administration offre aux magasiniers de voir évoluer leur carrière, par le mépris ou l’ignorance constants -professés par les représentants de l’administration- des difficultés auxquelles de nombreux magasiniers sont confrontés du fait de la petitesse de leurs revenus. Je conteste essentiellement les promotions au mérite, qui ne sont en général que des arrangements pour privilégier des personnes au détriment des autres, moins malléables, mais tout autant travailleuses.

Je voudrais pouvoir faire beaucoup plus, et je comprends votre déception quand vous avez apprenez que vous n’avez pas obtenu cette promotion à laquelle vous tenez tant, parce que, comme le dit l’une d’entre vous dans son mail de remerciements :

cela va mettre un peu de beurre dans les épinards

Nous faisons face à une administration qui n’a pas -ou ne veut pas avoir- conscience des difficultés auxquelles sont confrontées nombre d’entre les magasiniers. Quand j’entends des réflexions comme :

nous ne faisons pas de différence entre un déplacement familial Paris St Étienne ou Paris La Réunion

 cela ne peut que m’indigner. Et me dire qu’une telle différence de compréhension des problèmes ne peut mener qu’à une situation d’antagonisme. Je sais que nous n’obtiendrons pas de cette administration la reconnaissance qui nous est due pour notre travail. D’autant plus que nos hiérarchies ne font rien de plus la plupart du temps, et même parfois font en sorte d’essayer de monter les magasiniers les uns contre les autres en favorisant des agents au détriment d’autres.

Nous devons lutter contre les petits arrangements locaux, nous devons refuser les petites compromissions qui finissent par créer un climat délétère. Nous devons faire en sorte que les CAPN (re)deviennent un vrai outil de lutte pour l’égalité des traitements.

Lors de cette dernière CAPN, j’ai pu voir que des collègues âgé(e)s de 65, voire de 66 ans, occupaient encore leur poste! Des personnes avec 10 ans ou plus d’ancienneté dans leur grade, certaines d’entre elles étant magasinier 2ème classe. Peut-on imaginer un seul instant que ce soit par choix ?

Nous voulons des salaires qui nous permettent de faire vivre décemment nos familles. Nous voulons que les évolutions de carrière soient justes, et que rien ni personne n’empêche leur évolution normale. Nous ne voulons plus de petits arrangements mais des conditions équitables de traitement des dossiers. Nous voulons que les collègues qui sont proches de la retraite puissent bénéficier d’une promotion qu’ils attendent parfois depuis fort longtemps pour pouvoir percevoir une pension, pas une somme de misère qui leur permettra tout juste de survivre.

Comment arriver à tout cela ? Il faut que l’administration nous sente soutenus. Comme le dit un de mes collègues commissaire paritaire :

si nous avions, durant la CAPN, quelques centaines de magasiniers dans la rue, cela changerait certainement les choses

Je le pense également. Et vous ?

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Responses

  1. Bonsoir
    merci pour ce commentaire. Croyez bien que je partage votre amertume, et vous souhaite tout de même bon courage
    j’ai effacé vos noms et mail pour respecter votre anonymat
    cordialement
    Alain

  2. Comment en sommes-nous arrivés là ? Je suis magasinier depuis 22 ans et j’ai connu des vrais bibliothécaires, aujourd’hui je ne vois plus que managers, objectifs, rendement… A quand le magasinier du mois affiché à l’entrée de la bibliothèque et les stages chez Landmark education ou dans la scientologie ? Ne riez pas nous n’en sommes pas loin…

    • Oh je ne ris pas! Ou alors jaune…parce que je me dis qu’un jour nous serons soumis aux lois de la production…et alors!
      merci de votre commentaire
      Alain


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