Publié par : kantreadenn | 25 juin 2014

Je suis venu vous dire… suite et fin


Deuxième partie de ce -trop?- long texte. Elle ne va pas plaire à tout le monde, mais comme disait je ne sais plus qui :

avec les amis que j’ai, je n’ai pas besoin d’ennemis

Même si j’ai toujours fait en sorte de respecter les droits et devoirs de chacun, il m’a toujours semblé nécessaire, indispensable, de connaître et tenir compte de l’aspect humain des dossiers. Il est souvent difficile de départager des collègues dont les situations semblent identiques. Il nous faut parfois privilégier, à raisons égales par ailleurs, la possibilité des chaises musicales. C’est-à-dire accorder à l’un plutôt qu’à l’autre, parce que celui-ci libère un poste qui va en libérer un autre, etc. Ce n’est pas toujours satisfaisant, comme il ne l’est pas non plus de savoir que de toute façon, moins de la moitié des demandeurs obtiendra quelque chose.

Il est important, et il faut que les syndicats en aient parfaitement conscience, qu’il est absolument nécessaire de proposer au vote des magasiniers des candidats qui vont pouvoir peser de tout leur poids dans leurs débats, tout en restant calmes, diplomates. Mais tout cela n’est pas forcément inné, d’où l’importance de formations régulières, pour que les élus puissent se documenter, échanger, et se présenter aux CAPN réellement au fait des droits et devoirs. Beaucoup des commissaires paritaires sont parisiens, mais les autres ? Ceux qui comme moi résident en province, n’ont, comme source d’informations, que le bulletin du syndicat, les collègues commissaires avec qui ils peuvent avoir des échanges, et l’auto-formation. Les syndicats doivent beaucoup travailler sur ce sujet, les « formations » (?) proposées à l’heure actuelle étant amplement insuffisantes. J’ai connu une session, durant laquelle les trois catégories étaient représentées, ce qui pose le problème de la relation employé-cadre, car syndiqué et commissaire paritaire, un A reste néanmoins un A, avec son relationnel et ses habitudes de cadre, un B reste un B, avec les différences affichées vis à vis des C, et les C restent des C, avec leur situation souvent précaire, et parfois, leurs idées particulièrement arrêtées sur les statuts et les tâches qui en découlent. Cette situation a fait que lors de cette session, je me suis trouvé en porte à faux vis à vis de plusieurs de mes collègues, toutes catégories confondues, à propos de notre attitude -en tant que commissaire paritaire- dans les CAP disciplinaire. Le syndicat devra aussi -à mon avis, mais visiblement ce n’est pas le sien à l’heure actuelle!- revoir sa copie en ce qui concerne la représentativité au sein des instances nationales [comparer les pourcentages de A, B et C dans les établissements et les pourcentages au sein des instances]

Il n’est pas nécessaire, pour être commissaire paritaire, d’être un orateur, de connaître par cœur toutes les lois et tous les décrets régissant les droits des fonctionnaires. Il faut être capable de se former, d’avoir de bonnes relations, d’être capable de garder son calme en toutes circonstances, de supporter la bêtise de certaines personnes -la bêtise n’étant pas l’apanage excluif de l’administration-  et avoir de l’obstination. Mais, et surtout, il faut avoir un caractère bien trempé, du genre de celui qui ne vous fait jamais renoncer devant l’adversité, d’où qu’elle vienne d’ailleurs.

Il faut également une certaine disponibilité vis à vis des collègues, en particulier au moment des CAPN comme celle qui traite des mutations et des listes d’aptitude. Ce sont des moments essentiels dans notre vie professionnelle, et il est important que lorsque des questions sont posées, la réponse soit donnée dans les meilleurs délais. Et qu’elle soit juste. Sauf cas exceptionnel, j’ai toujours répondu dans un délai maximum de 24 heures (hors week-end), ce qui n’est pas le cas de certains. Je trouve cela inacceptable. -j’attends toujours une réponse à une question envoyée par mail le 17 juin à un responsable du syndicat!- Nos collègues sont curieux, impatients, exigeants, inquiets, comme nous le serions à leur place, il nous faut donc les satisfaire par des réponses rapides et circonstanciées.

Être commissaire paritaire, c’est de mon point de vue une mission, que nous devons remplir de la meilleure des façons. Cela ne consiste pas à simplement aller à Paris 2 à 3 fois par an, pour préparer et participer à une CAPN, mais c’est aussi être disponible toute l’année pour répondre aux questionnements et aux inquiétudes. Durant ces années, j’ai reçu beaucoup de coups de téléphones, de mails. Et de plus en plus jusqu’à cette dernière CAPN. Mon blog professionnel y est sans doute pour quelque chose. Mais j’ai toujours eu à cœur de donner l’information le plus rapidement possible, de manière à ce que chacun l’obtienne au plus vite. Il faut avoir constamment à l’esprit qu’une mutation, une promotion, accordées ou non, c’est parfois toute la vie d’un(e) collègue qui en est transformée -en bien ou en pire ! Des collègues non mutés quittent la fonction publique parce qu’ils n’en peuvent plus de vivre financièrement au jour le jour, de ne voir leur famille qu’une fois de temps en temps, voire une fois l’an. D’autres choisissent le détachement ou la disponibilité parce qu’ils ne supportent plus les difficultés et les longueurs de transport. Une mutation, un changement de grades accordés, c’est parfois le beurre -un petit morceau, mais un morceau quand même !- dans les épinards.

Voilà, c’est mon bilan personnel. Chacun a le droit de ne pas être d’accord avec ce que je viens d’écrire. Mais personne ne m’empêchera de penser que certains ne sont pas à leur place, ou ne font pas leur travail correctement, ou ne nous en donnent pas les moyens. Tous, à tous les niveaux, nous avons à nous améliorer. Pour moi, c’est fini. Mais un certain nombre de mes collègues continuent, la plupart d’entre eux sont des gens formidables -et avec qui j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler, et qui m’ont beaucoup appris- en qui vous pouvez avoir confiance pour défendre nos droits. Mais il faut leur donner les moyens d’être encore plus efficaces. Pour cela, au moins deux possibilités :

  • que les syndicats leur donnent une formation et une information la plus importante possible -ce qui n’est pas le cas actuellement- et qu’ils reconnaissent et utilisent les qualités de ces gens, sans considération des courants et des doctrines
  • que les magasiniers, lors des élections professionnelles qui vont se tenir en décembre 2014, se mobilisent très fortement -loin de moi l’idée de vous donner une consigne de vote ! Simplement voter !

Que l’on ne vienne plus dire que nous n’avons été élus que par une minorité. Cela donnera plus de force à nos collègues en CAPN d’avoir été élus par 60 ou 70 % -voire plus, bien sûr !- des électeurs que par 30 ou 40 %. Et puis qui sait, peut-être un jour, les commissaires paritaires pourront-ils -excédés une fois de plus -de trop- par l’administration- vous mobiliser pour un boycott massif de cette instance pour montrer à quel point nous n’en pouvons plus.

Merci d’être venu à bout de cette prose.

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Responses

  1. Merci Alain! Pour cet article mais aussi, et surtout, pour ce blog qui a apporté tant d’éclaircissements et de soutien à mes collègues et à moi.
    Bonne continuation et encore merci!

    • Lola, merci à vous de me lire.
      je suis content d’avoir pu éclairer sur notre métier et ses difficultés…et ses plaisirs
      bonne continuation à vous aussi
      cordialement
      Alain

  2. Bonjour,

    Peut-on avoir accès aux PV des diverses CAPN Bibliothèques ou sont-elles confidentielles ?
    Pourquoi les commissaires nationaux ne communiquent-ils pas auprès des collègues membres des CPE (qui ne sont pas tous forcément syndiqués ou membres des seuls syndicats représentés lors de l’instance nationale) sur les critères et le fonctionnement de la CAPN ?

    Merci pour votre témoignage très intéressant.

    • Bonjour.
      Les PV sont bien sûr totalement confidentiels, ils contiennent des noms, des situations personnelles et des informations qui n’ont pas à être divulgués. Quant à prendre contact avec les élus des cpe, cela nous est difficile puisque souvent nous ne les connaissons pas. Eux, par contre peuvent facilement prendre contact avec nous, comme vous le faites vous-même. Il leur suffit de prendre nos coordonnées et de nous appeler ou nous envoyer un mail.
      Merci de votre lecture
      Cordialement
      Alain

  3. Il y a bien des raisons de penser que nous pouvons améliorer la représentativité syndicale de la catégorie C, au niveau national, qui rappelons-le est subordonnée aux statuts du SNASUB (article 9). Mais il faut déposer une liste puis répondre présent à la commission administrative nationale (CAN), donner de son temps en dehors de ses heures de travail, parfois le week-end. Pas si facile que ça de conjuguer militantisme et vie familiale.

    J’ai un eu un grand plaisir de partager avec toi les combats (mais aussi les repas !!!) menés au sein des CAPN des magasiniers depuis ces quelques années. Au plaisir de se revoir !

    • merci de ce commentaire, camarade! c’est vrai que c’est compliqué, mais cela est faisable tu en es la preuve.
      j’ai eu grand plaisir à partager ces luttes avec toi, même si nous n’avons pas été toujours d’accord, mais c’est aussi ce qui fait l’intérêt de toutes choses: la confrontation d’idées.
      Au plaisir
      Alain


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